Le peintre d'art sacré

Les taolennoù, tableaux en breton, ont été imaginés
au XVIIème siècle par le père Michel Le Noblez pour accompagner
les missionnaires dans leurs prédications dans les paroisses. Les
images qu'ils apportent aident à faire assimiler la prédication en
représentant à la fois l'être humain et l'âme. Ils doivent les
aider à choisir le bon chemin qui les mènera au Paradis.
Ces tableaux ont été beaucoup utilisés en Bretagne et spécialement
dans la partie parlant breton. Plusieurs ordres les ont utilisés
dont :
- Les Capucins. Une troisième branche des Franciscains crée sous le Pape Paul III en 1525. - Les Monfortains, ordre créé par Louis-Marie Grignon de Monfort vers 1700 et résidant aujourd'hui à Saint-Laurent-sur-Sèvres en Vendée.Catherine de Francheville, sœur d'un de ses ancêtre, avait fondé à Vannes une maison de retraite pour les femmes au XVIIème siècle, utilisait, comme cela se faisait à l'époque, 12 tableaux représentant le combat de l'âme entre le bien et le mal pour convertir les âmes. Au début du XXème siècle la série des taolennoù se réduit à 7 tableaux, un par jour.

Le péché mortel, extrait de "Taolennou ar mission"
Un Monfortain, le Père Jean-Louis Rozec, en 1936 dans sa
publication "Mellezour an eou" – "Le miroir de l'âme" écrit : dans
les tableaux on trouve une tête et un cœur. La tête représente le
corps, le cœur l'âme. Les signes symboliques des péchés et des
vertus, placés à l'intérieur du cœur, sont expliqués dans les
sujets qui l'entourent. L'étoile de la Foi sera ou obscure ou
brillante, l'œil de la conscience sera ou ouvert ou fermé, selon
l'état de l'âme elle-même.
Ainsi Xavier de Langlais évoque les taolennoù dans son journal et
dans ses courriers avec Xavier Haas :
- Le 5 avril 1935 : "J'ai trouvé une lettre curieuse… Un missionnaire (le Père Rozec) me demande des "Tableaux de mission" représentant les péchés capitaux, la route du Ciel et de l'enfer… Le programme symbolique m'est d'ailleurs imposé par le menu…"Malheureusement, il doit suspendre son travail car il a d'autres engagements à respecter. Ce n'est qu'en juillet 1936 qu'il finira ses taolennoù pour le Père Rozec. Il lui aura fallu plus d'un an.
- Le 21 avril 1935 : "J'ai achevé les esquisses très réduites de mes tableaux de mission".
- Le 10 septembre 1935 : "J'ai commencé hier les tableaux du Père Rozec. Le sujet me plait infiniment". Mais il y a une restriction : "Les scènes qui symbolisent les vices et les vertus ne sont pas toujours choisies avec un bonheur égal".
- Le 14 septembre 1935 : Il a commencé l'agrandissement à ¼ de la grandeur des panneaux de Mission.
- Puis il prépare la toile.
- Il peindra légèrement pour éviter des craquelures au roulage et au déroulage.
- Le 30 octobre 1935 : Il a achevé les maquettes.