| Ainsi,
le
premier chemin de croix réalisé par Xavier de LANGLAIS, en 1931,
est peint à l'huile sur des panneaux de fibrociment insérés dans
les murs, chaque station est de grande dimension 1,10 x 1,90 m.
On peut remarquer qu'au fil du temps les couleurs
s'assombrissent, seul l'essentiel reste en valeur. Comme le
Christ du Hézo (56), ce chemin de croix de Plounevez-Quintin
appartient à la toute première époque de l'artiste, le style est
encore gauche, mais déjà la puissance des sentiments se fait
sentir. |
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| En
1931, on peut lire dans sa correspondance avec son ami Xavier
Haas : "tu sais combien j'attache d'importance à la
solidité". Ce qui va l'orienter vers le LAP. Le produit avait été créé à Antony, par l'ingénieur Jean-Charles Séailles (1883-1967) sur l’initiative de son épouse, la cantatrice Speranza Calo (1885-1949). Le brevet du LAP a été déposé en juin 1923 et la marque commerciale en 1924 dont le nom est issu du mot latin « lapis ». Une société est créée à Paris en 1924. Le succès est immédiat et le produit utilisé par des artistes connus : Raoul Dufy, Léonard Foujita, Jacques Gruber, etc. |
| En
1932. Xavier de Langlais
atteint une nouvelle dimension artistique avec un style bien à
lui et une nouvelle approche technique pour une meilleure
conservation : le LAP. Le procédé à des contraintes, il oblige à
cerner les couleurs d'un trait épais ; si l'harmonie des
couleurs : mauve, bleu-vert, roux, gris-bleue est douce. Les
sentiments sont toujours forts et sa foi profonde ce qui
entraine Xavier de Langlais à l'essentiel. Il décore ainsi
l'église de Mérillac à la demande de
l'abbé Turmel. |
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Comme il l'écrit à Xavier Haas : " Un chemin de croix ne se crée pas en un jour et le premier dessin entraine si bien les autres que cela vaut la peine d'être muri ". Le problème de Xavier de Langlais, c'est qu'il manque de temps pour rééaliser son étude du LAP. Parallèlement il a d'autres commandes, dont des panneaux pour compléter le Mémorial de la Grande Guerre à Sainte-Anne d'Auray. Affaire qui malheureusement ne se concrétisera pas malgré l'approbation des visiteurs... Ci-dessus, un exemple de ses études. Pour l'égise Saint-Pierre à Merillac, ce sont des calques qu'il envoie à l'usine pour être transformés en panneaux de LAP par un atelier créé à Antony (Hauts de Seine). La fabrication des panneaux nécessite une "folle" correspondance, dit-il. La réalisation devrait permettre une mise en place dans de nombreuses églises. |
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La réalisation : ![]() ![]()
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| Le style de ce chemin de croix est en harmonie avec ce qui se faisait à cette époque des années 30. Il utilise ces panneaux constitués de ciment recouvert d'émaux et cloisonnés de polychrome. Un support sur lequel il fonde beaucoup d'espoir, il met ainsi son œuvre à l'abri des dégâts faits par l'humidité et espère un début d' « industrialisation » du procédé. En fait il rencontrera beaucoup de difficultés en raison : - du poids des stations (68 kg), - des dimensions (0 m80 sur 0 m70) et des ennuis de santé que lui provoque la poussière du produit. |
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En
1933,
il reçoit la commande de la décoration de la nouvelle
chapelle du Collège Saint-Gabriel à Pont-l'Abbé. Elle
plaira beaucoup aux frères de Saint-Gabriel qui en
vantent les mérites dans le Bulletin de leur école.
Vingt ans après la chapelle est devenue une salle de
conférence et les stations sont au grenier... Une visite
m'a permis de trouver une autre solution : Combrit. Après, Xavier de Langlais fera plusieurs essais pour compléter l'offre : un panneau de Sainte-Thérèse. Des stations de chemins de croix en LAP, de plus petites tailles et moins lourdes (32 kg), d'un autre artiste : Jacques Gruber (1870-1936), sont conservées dans la famille (et peuvent être vendues). ![]() |
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| Xavier
de Langlais est séduit par le LAP et pense le proposer à
l’Atelier Breton d’Art Chrétien (An Droellenn) qu’il a
fondé, en 1929, avec son ami l'architecte James Bouillé.
Ronan Caouissin est chargé d’aller prendre à l’usine un
échantillon pour démarcher les paroisses. Un prospectus
est créé : |
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Dessin humoristique de XL par son ami Pierre Peron |
Malheureusement, la crise économique de 1932 a des conséquences sur le secteur du bâtiment et sur les ventes du LAP. Dès le début de l'année 1934, Xavier de Langlais va essayer de créer lui-même une base pour peindre : le "fresco-ceram". Le 31 mai, il dépose un brevet et crée un outil : le chalumeau qui va se révéler inadapté. Le 18 novembre, il dépose un nouveau brevet et continue ses recherches pour la mise au point du procédé. Malheureusement son brevet tombe dans le domaine publique. Vu les ennuis de santé que rencontre Xavier de Langlais, il renonce à ce procédé. Le 30 janvier 1934, il commence à produire des stations plus raffinées sur toile peinte à l’huile pour l'église de Tremell (Côtes d’Armor). En 1935, il fait des essais de peinture à l'oeuf. Il est en perpétuelles recherches et note dans son journal, le 21 avril 1935 : "Si je me suis formé depuis quelques années, je le dois certainement à mon respect croissant du Métier, et partant à mon extrême désir d'amélioration progressive raisonnée ". Tugdual de LANGLAIS |

Cliquer pour voir l'Église de Merillac.